La forêt équatoriale d'Indonésie
Anacardiaceae
La famille des Anacardiaceae comprend des genres très importants pour les habitants de l’archipel indonésien, tels que les manguiers et l’anacardier qui donne la noix de cajou. Elle couvre à peu près toutes les régions d’Indonésie principalement dans les forêts tropicales de basse altitude, les forêts de mousson et les écosystèmes côtiers.
Cette famille se caractérise par la présence de canaux résinifères qui contiennent des composés phénoliques irritants, voire allergènes, dérivés de l’ushiol. Les feuilles sont généralement alternées en spirales, sans stipules, pennées ou trifoliées, voire simples. Les jeunes feuilles sont souvent rouges à cause de la présence d’anthocyanines particulièrement chez Mangifera et Bouea. Les fleurs sont généralement petites, antiholomorphes et arrangées en panicules. Certaines sont unisexuées tandis que d’autres sont polygames. La structure florale contient 3-5 sépales, 3-5 pétales, un disque nectarifère, 5-10 étamines et un ovaire supérieur. Les fruits sont généralement des drupes charnues dispersées par des animaux. Le mésocarpe peut être comestible, fibreux comme chez, ou résineux comme chez les diverses espèces de mangues. La dispersion de nombreuses de ces espèces dépend des calaos, des chauves-souris, des primates, des civettes et des pigeons.
Les Anacardiaceae poussent dans de nombreux habitats en Indonésie. Dans les forêts humides de plaine, les forêts de diptérocarpes, on retrouve des espèces de Dracontomelon, Gluta, Mangifera, Parishia et Swintonia. Les espèces de Dracontomelon et Switonia peuvent même atteidre plus de 40 mètres et s’élever au-dessus de la canopée. Elles donnent un bois apprécié comme matériel de construction pour la fabrication de meubles, de bateaux ou de maisons.
Les genres Spondias et Buchanania sont plutôt adaptés aux forêts de mousson. On retrouve aussi des espèces de Buchanania sur un sol calcaire. Semecarpus pousse plutôt sur les régions côtières et sur les collines. Campnosperma dans les forêts de marécages où elles peuvent tolérer des épisodes d’inondation. L’Est indonésien comprend des espèces adaptées aux saisons et résistantes à la sécheresse telles que Spondias, Buchanania et Semecarpus.
Mangifera est le genre le plus important pour l’alimentation. Il comprend plusieurs espèces de mangues sauvages et cultivées.
Mangifera indica, la mangue commune, est consommée fraîche en jus, ou en confiture.
Mangifera foetida. Son fruit a une forte odeur de térébinthine. Il est rarement seul, mais plutôt accompagné dans une salade de fruits épicée appelée rujak ou comme ingrédient de sauce pour lui donner un goût acide.
Mangifera odorata. Son fruit est apprécié pour son arôme intense, consommé frais ou en dessert.
Mangifera caesia. Son fruit est consommé frais pour sa chair juteuse et sucrée.
Mangifera pajang. La chair fibreuse de son fruit est fermentée en raison de son goût prononcé avant d’être consommé comme collation sur l’île de Kalimantan.
Anacardium occidentale, la noix de cajou, est grillée (pour retirer l’urushiol) et salée pour être consommée comme collation. La pomme de cajou, le faux-fruit, peut être consommée fraîche ou transformée en alcool doux.
Spondias dulcis, ou kedongdong en indonésien, donne un fruit croquant et acidulé. Il peut être consommé vert, mélangé à des salades de fruits épicés de type rujak. Le fruit mûr est apprécié pour son goût sucré et résineux et peut aussi être transformé en fruits confits.
Dracontomelon dao. Son fruit est utilisé comme agent acidifiant pour des soupes ou des currys.
Bouea macrophylla donne un petit fruit rond qui peut être consommé frais quand il est mûr ou transformé en fruits confits. Ses jeunes feuilles peuvent aussi servir de condiment aromatique.
Plusieurs Anacardiaceae entrent dans la préparation de la médecine traditionnelle, ou jamu. Les feuilles, l’écorce et les fruits de Mangifera sont utilisés pour lutter contre les fièvres, le diabète et les inflammations cutanées. Le bénéfice de ces usages peut être confirmé par la présence de mangiferin, de flavonoïdes, d’antioxydants et de triterpènes.
Les jeunes feuilles de Spondias dulcis peuvent être consommées en légume. Elles seraient aussi utilisées contre les troubles digestifs, les irritations de la gorge et comme tonique.
Les espèces de Semecarpus contiennent des composés phénoliques et une résine irritante qui contribueraient à traiter les rhumatismes et les maladies de peau. Toutefois, la résine peut aussi causer des dermatites sévères.
La résine des espèces de Gluta peut être utilisée comme vernis et imperméable. Certaines espèces produisent une résine noire toxique.