La forêt équatoriale d'Indonésie
Araliaceae
La famille des Araliaceae, connue pour le ginseng et le lierre, est principalement une famille tropicale et subtropicale. Elle comprend plus de 40 genres et environ 1400 espèces réparties à travers le monde. L'Insulinde figure parmi ses grands centres de dispersion, grâce à une grande variété d'habitats tropicaux et montagnards et à un morcellement en plusieurs îles qui favorise la spéciation. Les nombreuses espèces de cette famille peuplent principalement les forêts de montagne et les forêts tropicales de plaine. Elles affichent une forte présence et une grande diversité en Papouasie, mais leur aire de répartition s'étend jusqu'à Sumatra. Ce vaste archipel abrite de nombreux genres tels que Heptapleurum (beaucoup de Schefflera asiatique ont été reclassés parmi les Heptapleurum), Schefflera, Polyscias, Aralia, et bien d'autres. On y trouve également de nombreuses espèces endémiques. L'Indonesian Digital Flora recense notamment Heptapleurum fastigiatum à Java, H. apiculatum aux Moluques, ainsi que plusieurs Heptapleurum et Polyscias en Papouasie.
La famille des Araliaceae comprend essentiellement des espèces ligneuses : arbres, arbustes, plantes grimpantes et lianes. On y trouve aussi plusieurs espèces épiphytes, telles que Heptapleurum kuchingense ou H. connatum.
La majorité des espèces présentent un port « pachycaule », avec un tronc et des tiges proportionnellement épais et peu ramifiés. Les feuilles sont souvent grandes, portées sur de longs pétioles. Ces vastes limbes, simples ou composés, favorisent l'adaptation à la faible luminosité, aux pluies abondantes et à l'atmosphère saturée d'humidité qui caractérisent ces milieux, en augmentant efficacement la surface photosynthétique.
Certaines espèces sont reconnaissables aux cicatrices qu'elles portent à la base des tiges ou des rameaux, traces laissées lors du renouvellement des feuilles. Certaines de ces cicatrices sont spiralées, tandis que d'autres conservent la marque des faisceaux vasculaires ou de la gaine qui enveloppait la base des pétioles. La morphologie des feuilles est variable et peut se modifier au cours du cycle de vie de la plante. La plupart des espèces présentent toutefois un port spiralé, avec des feuilles concentrées à l'extrémité des branches, ce qui leur donne l'apparence d'une rosette terminale. De nombreuses espèces des régions tropicales d'Asie présentent des feuilles pennées, comme chez Polyscias. D'autres sont palmées, voire digitées, composées de folioles qui s'étirent comme des doigts au bout d'un long pétiole, comme chez Schefflera. Certaines espèces présentent également des feuilles d'apparence plus simple. Les folioles se terminent souvent par une pointe d'égouttement, qui facilite l'évacuation de l'eau de pluie et limite la prolifération fongique. La base des pétioles peut être élargie et parfois engainante, embrassant la tige.
Les inflorescences sont généralement terminales, disposées en ombelles, en capitules, ou combinant les deux. Les fleurs sont portées sur de longs pédicelles qui rayonnent depuis l'axe de l'inflorescence. Elles possèdent un ovaire infère et présentent en général 5 pétales, ainsi qu'un nombre égal d'étamines alternes. Un disque nectarifère saillant est également présent. Les fruits sont généralement des drupes ou des baies charnues contenant plusieurs pyrènes. Ils sont principalement dispersés par les oiseaux.
De nombreuses espèces d'Araliaceae croissent préférentiellement sous un climat plus frais que celui des plaines, dans des régions plus nuageuses à l'atmosphère chargée d'humidité. La famille est ainsi proportionnellement très bien représentée en altitude, dans les forêts de montagne.
Les genres Polyscias, Trevesia, Brassaiopsis et Macropanax peuplent toutefois également les forêts tropicales de plaine. La plupart occupent le sous-étage forestier sous forme d'arbustes ou de petits arbres. Les plus hautes, comme Polyscias spectabilis et P. elegans, peuvent atteindre la canopée. D'autres espèces sont devenues épiphytes, grimpantes ou lianescentes, profitant d'un hôte pour atteindre la lumière. Heptapleurum actinophylla est épiphyte au début de son cycle de vie, mais finit par développer un tronc et peut également atteindre la canopée.
Plusieurs espèces de Schefflera ou Heptapleurum sont connues en Asie du Sud-Est pour leurs vertus contre les rhumatismes et les inflammations, notamment l'écorce et les feuilles de Heptapleurum heptaphyllum (anciennement : S. octophylla). Certaines recherches y ont isolé des composés triterpéniques qui pourraient expliquer cette activité.
Certaines espèces de Polyscias sont comestibles. Les jeunes feuilles de P. fruticosa, P. pinnata ou P. scutellaria sont consommées fraîches ou cuites, en crudité ou en «lalapan», notamment à Java.