La forêt équatoriale d'Indonésie
Bignioniaceae
La famille des Bignoniaceae est relativement bien représentée en Indonésie. Elle comprend des lianes, des arbustes et des arbres. On la retrouve dans les forêts tropicales des plaines ainsi que sous des climats plus secs à l'est de l'archipel. Cette famille regroupe plus de 80 genres, essentiellement présents en Amérique tropicale. Toutefois, l'Indonésie comprend quelques espèces indigènes, entre autres issues des genres Dolichandrone, Oroxylum, Radermachera et Fernandoa. Plusieurs espèces ornementales ou utiles sont également cultivées, telles que Spathodea, Tabebuia, Handroanthus, Tecoma et Campsis.
La famille des Bignoniaceae s'est adaptée aux conditions de l'archipel indonésien sous forme de lianes, d'arbres et d'arbustes.
Les lianes possèdent l'avantage d'une croissance rapide et d'un bois léger afin de prendre appui et grimper sur les arbres voisins. Elles investissent moins dans le soutien mécanique que dans l'accès à la lumière. On observe souvent sur ces lianes des secteurs de phloème et de xylème irréguliers, ce qui permet d'augmenter la flexibilité de la tige. Elles sont très présentes dans les forêts humides, où elles se sont adaptées grâce à une grande tolérance à l'ombre au stade juvénile et à une croissance explosive lors de l'ouverture de la canopée. La dispersion des graines est anémochore, depuis les arbres émergents.
Les arbres sont également dotés d'une croissance rapide. On les retrouve principalement en arrière des mangroves, dans les forêts saisonnières et secondaires. Ils sont en général bien adaptés à la colonisation d'espaces ouverts. Certaines espèces comme Fernandoa et Dolichandrone sont particulièrement bien adaptées à la sécheresse des forêts saisonnières : elles portent un feuillage caduc durant la saison sèche afin de réduire la transpiration, et la floraison survient avant la feuillaison. Dolichandrone spathacea, qui pousse souvent à proximité des mangroves, s'est adaptée à ce milieu grâce à des tissus tolérant le sel, des racines aérées, une forte résistance aux embruns et des fruits aux ailes liégeuses qui peuvent flotter. Dans les forêts secondaires et en milieu perturbé ou suite à des coupes forestières ou en bord de route, plusieurs espèces pionnières profitent de ces nouveaux espaces grâce à une croissance rapide qui leur permet de concurrencer les autres colonisateurs.
Le caractère le plus marquant de cette famille est ses grandes fleurs tubulaires, voyantes, souvent blanches, crème, jaunes, orangées ou rouges. La corolle est composée de 5 pétales soudés formant deux lèvres bien prononcées. La plupart des espèces possèdent 4 étamines fertiles et une cinquième réduite (staminode), ce qui aide à l'identification.
La pollinisation est zoogame et prise en charge par plusieurs animaux. Les abeilles sont attirées par les fleurs jaunes, ouvertes et riches en nectar. Les oiseaux, tels que les souimangas, préfèrent les fleurs rouges ou orangées, tandis que les chauves-souris sont associées à des fleurs larges, ouvertes la nuit, émettant un fort parfum et abondant en nectar. Le genre Dolichandrone est pollinisé par des animaux nocturnes à longues langues comme les sphinx.
Les fruits sont des capsules allongées et déhiscentes contenant de nombreuses graines aplaties.
Les feuilles sont généralement opposées, composées-pennées ou bipennées, et dépourvues de stipules. Chez certaines lianes, le foliole terminal est transformé en vrille. Ces vrilles sont souvent trifides.
Les Bignioniaceae possèdent de très gros vaisseaux conducteur permettant une très grande efficacité pour le transport de l’eau. Cette particularité permet une croissance rapide et une grande capacité photosynthétique. C’est un avantage certain dans les milieux humides. En revanche, l’espèce peut être sujette à l’embolie lors des périodes de sécheresse.
Les Bignoniaceae possèdent de très grands vaisseaux conducteurs permettant un transport de l'eau très efficace. Cette particularité favorise une croissance rapide et une grande capacité photosynthétique, ce qui constitue un avantage certain en milieu humide. En revanche, ces vaisseaux larges rendent l'espèce vulnérable à l'embolie lors des périodes de sécheresse.
Espèces mieux adaptées aux forêts tropicales humides. Elles tolèrent un milieu ombragé et bénéficient d'une croissance rapide lors de l'ouverture de la canopée. Elles portent de larges feuilles bipennées opposées et des capsules linéaires pouvant atteindre 80 à 100 centimètres de long.
Plantes présentes principalement sur le littoral, en bord de mer ou derrière les mangroves. Elles se sont adaptées à ces milieux grâce à une tolérance à la salinité, une résistance aux inondations et une dispersion des graines par le courant marin (hydrochore) et par le vent côtier (anémochore).
On les trouve principalement dans les régions sèches de l'est indonésien. Elles se sont adaptées à ce climat saisonnier et aux périodes de sécheresse grâce à un feuillage caduc et un bois dense.
Les jeunes fruits d'Oroxylum indicum peuvent être consommés dans certaines régions d'Asie du Sud-Est. Il arrive que certaines fleurs soient également consommées, mais cette pratique reste marginale.
Les écorces, racines, graines et feuilles d'Oroxylum indicum se retrouvent dans de nombreuses pharmacopées asiatiques pour lutter contre les troubles digestifs, la diarrhée et les inflammations. Les composés phytochimiques actifs identifiés chez cette espèce comprennent notamment la baicaléine, la chrysine, l'oroxyloside et divers flavonoïdes.
Dolichandrone spathacea permettrait de soulager les douleurs articulaires, les inflammations et les problèmes cutanés.
Les espèces de Radermachera sont utilisées dans certaines régions contre les fièvres et à des fins toniques.
Les Bignoniaceae comptent parmi les arbres tropicaux ornementaux les plus plantés dans les villes indonésiennes. Ils sont particulièrement appréciés pour leur floraison spectaculaire et présentent l'avantage d'une croissance rapide.